Ce soir là, les derniers rayons du soleil avaient longtemps enflammé les géants de verre et d’acier de l’île de Manhattan. Comme un miroir géant tourné vers le reste du monde, la ville montrait plus que jamais sa beauté délicate et sa démesure.

Mais le ciel fatigue parfois de la fierté de ces titans qui cherchent depuis toujours à atteindre les étoiles.
C’est ainsi que dans un grondement profond, la nuit avait fini par arriver. La pluie tombait en cascade et les éclairs fouettaient les flèches des plus hautes tours comme une menace, une épreuve de force dont on savait déjà qui serait le vainqueur.
C’était donc un adieu de circonstance puisqu’on me demandait de partir sans regret et de laisser à d’autres l’illusion dorée d’un rêve américain que l’on dit pourtant si proche de la réalité.
J’ai trouvé dans la Silicon Valley bien moins de liberté et de rêve que n’importe où où j’ai eu la chance d’aller jusqu’ici. Le seul rêve qui y semblerait possible est celui de la richesse, celui où l’argent emprisonne les esprits et permet d’oublier tout, même de vivre.
Un monde où les rencontres se font sur Internet, un monde où l’amitié rime souvent avec profit, puisque l’on voit dans chaque relation un moyen potentiel de développer son activité. Un monde où les cafés sont bus par litre en courant et non assis sur les terrasses ensoleillées des bars de quartier qui n’existent pas… car l’on y a le temps de rien, sauf de créer de la valeur.
Mais j’aurai tout de même vécu, aux confins du Far West, le rêve américain que j’avais si souvent imaginé. Des espaces infinis encore préservés, des animaux sauvages par milliers, et ce sentiment incontrôlable de liberté..

Alors laissez-moi vous emmener une dernière fois dans les profondeurs du Grand Ouest : là où se mêle encore au vent le cri des indiens, là où, sur le sable chaud, les plus rêveurs verront encore les traces oubliées de Jolly Jumper, là où l’on dit que sont restés le cœur et l’esprit de ceux qui savaient encore ce qu’était réellement la liberté…

Le Grand Canyon :
Nous étions restés à Las Vegas le temps d’un Manchot et d’un Poker : juste de quoi réaliser la folie de cette ville perdue en plein cœur du désert.
Ce n’était là que le début de notre aventure puisque Camille et moi étions bien décidés à découvrir par nous-même ce que Lucky Luke nous avait si souvent conté.
Little Paris - Las Vegas
Grand Canyon – 1 au 3 Juin 2008 – Cachée au cœur d’une vaste forêt de pins, leur maison n’avait pour accès qu’une ancienne piste qui se perdait au milieu des arbres centenaires. Ils avaient construit là leur petit paradis…
Une soirée bercée par le chant du Banjo et de la guitare, mais aussi des coyotes, qui pleuraient la Lune couchée. Une soirée où l’on s’est laissé perdre dans l’immensité des étoiles qui ne donnaient plus de place au noir de la nuit.

Puis, au petit matin, le soleil a projeté au cœur du Canyon de l’orange, du rouge, du jaune, du bleu, du noir, retouchant tout au long de la journée le plus grand de ses tableaux. Mais le soir venu, il a fini par tout brûler ne préférant laisser aux ténèbres qu’une vaste gorge sans vie.



Merci infiniment à Mindy, Paul et Isabel qui nous ont fait découvrir mieux que personne cette 8ème merveille du monde.

Monument Valley – Mesa Verde – CanyonLands - Arches :
Notre périple a continué à Monument Valley, Mesa Verde, CanyonLand, Arches, pour finir à Denver où un avion nous attendait pour New York.
A Chaque virage, des paysages différents : des steppes au désert, des plaines verdoyantes aux forêts de pins, des falaises vertigineuses aux montagnes sans fin. Nous avons vu le soleil, les nuages, la pluie et même la neige.
Nous avons beaucoup parlé, mais nous nous sommes toujours tus lorsque le dernier rayon du soleil donnait à la terre le plus beau de ses reflets.
Monument Valley 
