jeudi 16 octobre 2008

Retour sur les bords de l’Atlantique

Lundi 4 Août, 17h - Grande Côte (Saint Palais) Le soleil admirait son reflet morcelé sur l’océan agité pendant que la brise légère soulevait les grains de sable d’or oubliés sur la plage.
Il y avait encore dans le vent cette odeur de poussière rouge rapportée des confins du nouveau continent : ce parfum de puissance d’un peuple ambitieux, mais aussi celui de la fragilité d’un empire construit sur des rêves d’enfant.


Là, les yeux vides perdus sur cette étendue sans fin, je réalisais que j’avais laissé derrière moi beaucoup de principes ancrés dans des traditions millénaires.
Dans la vallée la plus connue du monde, où la seule raison de vivre semblait malheureusement être l'atteinte de la richesse, j’avais tout de même compris que tout était possible.
Et si l’argent ne représentait pas à mes yeux la source de motivation ultime j’étais persuadé que la passion était quant à elle le moteur de toutes les réussites.

Alors que dans le ciel, les nuages me dessinaient le monde, je décidais plutôt de retourner un peu là d'où j'étais parti depuis longtemps.

En traversant les pays on à le sentiment de n'appartenir à rien, mais il reste toujours cet endroit où l'on finira par revenir. Cela ne veut pas dire que je ne continue pas à m'accrocher à ces tours du monde qui emplissent tous mes rêves : bien au contraire...


mardi 17 juin 2008

"I'm poor lonesome Cowboy" - Sur les traces de Lucky Luke

Ce soir là, les derniers rayons du soleil avaient longtemps enflammé les géants de verre et d’acier de l’île de Manhattan. Comme un miroir géant tourné vers le reste du monde, la ville montrait plus que jamais sa beauté délicate et sa démesure.

Mais le ciel fatigue parfois de la fierté de ces titans qui cherchent depuis toujours à atteindre les étoiles.
C’est ainsi que dans un grondement profond, la nuit avait fini par arriver. La pluie tombait en cascade et les éclairs fouettaient les flèches des plus hautes tours comme une menace, une épreuve de force dont on savait déjà qui serait le vainqueur.

C’était donc un adieu de circonstance puisqu’on me demandait de partir sans regret et de laisser à d’autres l’illusion dorée d’un rêve américain que l’on dit pourtant si proche de la réalité.
J’ai trouvé dans la Silicon Valley bien moins de liberté et de rêve que n’importe où où j’ai eu la chance d’aller jusqu’ici. Le seul rêve qui y semblerait possible est celui de la richesse, celui où l’argent emprisonne les esprits et permet d’oublier tout, même de vivre.


Un monde où les rencontres se font sur Internet, un monde où l’amitié rime souvent avec profit, puisque l’on voit dans chaque relation un moyen potentiel de développer son activité. Un monde où les cafés sont bus par litre en courant et non assis sur les terrasses ensoleillées des bars de quartier qui n’existent pas… car l’on y a le temps de rien, sauf de créer de la valeur.

Mais j’aurai tout de même vécu, aux confins du Far West, le rêve américain que j’avais si souvent imaginé. Des espaces infinis encore préservés, des animaux sauvages par milliers, et ce sentiment incontrôlable de liberté..


Alors laissez-moi vous emmener une dernière fois dans les profondeurs du Grand Ouest : là où se mêle encore au vent le cri des indiens, là où, sur le sable chaud, les plus rêveurs verront encore les traces oubliées de Jolly Jumper, là où l’on dit que sont restés le cœur et l’esprit de ceux qui savaient encore ce qu’était réellement la liberté…



Le Grand Canyon :


Nous étions restés à Las Vegas le temps d’un Manchot et d’un Poker : juste de quoi réaliser la folie de cette ville perdue en plein cœur du désert.
Ce n’était là que le début de notre aventure puisque Camille et moi étions bien décidés à découvrir par nous-même ce que Lucky Luke nous avait si souvent conté.

Little Paris - Las Vegas


Grand Canyon – 1 au 3 Juin 2008 – Cachée au cœur d’une vaste forêt de pins, leur maison n’avait pour accès qu’une ancienne piste qui se perdait au milieu des arbres centenaires. Ils avaient construit là leur petit paradis…
Une soirée bercée par le chant du Banjo et de la guitare, mais aussi des coyotes, qui pleuraient la Lune couchée. Une soirée où l’on s’est laissé perdre dans l’immensité des étoiles qui ne donnaient plus de place au noir de la nuit.


Puis, au petit matin, le soleil a projeté au cœur du Canyon de l’orange, du rouge, du jaune, du bleu, du noir, retouchant tout au long de la journée le plus grand de ses tableaux. Mais le soir venu, il a fini par tout brûler ne préférant laisser aux ténèbres qu’une vaste gorge sans vie.







Merci infiniment à Mindy, Paul et Isabel qui nous ont fait découvrir mieux que personne cette 8ème merveille du monde.




Monument Valley – Mesa Verde – CanyonLands - Arches :

Notre périple a continué à Monument Valley, Mesa Verde, CanyonLand, Arches, pour finir à Denver où un avion nous attendait pour New York.


A Chaque virage, des paysages différents : des steppes au désert, des plaines verdoyantes aux forêts de pins, des falaises vertigineuses aux montagnes sans fin. Nous avons vu le soleil, les nuages, la pluie et même la neige.
Nous avons beaucoup parlé, mais nous nous sommes toujours tus lorsque le dernier rayon du soleil donnait à la terre le plus beau de ses reflets.

Monument Valley




CanyonLands



Arches


Voilà donc la fin de cette aventure. On pense parfois un peu trop certaines expériences avant de les avoir vécues alors qu'il faudrait plutôt les vivre sans trop y avoir pensé. Désirer que sa vie ressemble à un film serait vouloir trop vite la résumer. La réalité a certes ses désillusions mais elle nous laisse justement tout le temps de construire nos rêves...

mercredi 21 mai 2008

Week-end au pays des Etoiles - Los Angeles - 9/11 Mai

On m’avait dit de cet endroit que le soleil y brillait toujours, on m’avait dit de cet endroit que des étoiles y naissaient chaque jours… j’avais même entendu dire que dans cette cité les palmiers dépassaient les collines environnantes pour y atteindre ses habitants : les Anges.

C’était un vendredi. Après avoir roulé près de 10h sur la route n°1 entre Pacifique déchaîné et falaises vertigineuses, nous arrivions enfin à Los Angeles.


Côte Pacifique :



Colonie de lions de mer :

Nous avons alors longtemps scruté le ciel à la recherche de ces astres si souvent contés… mais pas un diamant ne flottait dans l’immensité grise qui s’étendait au dessus de nos têtes. En marchant le long des boulevards interminables, nous comprenions très vite que les seules étoiles que nous trouverions à cet endroit seraient celles plaquées sur les trottoirs sombres d’Hollywood.

Hollywwod Boulevard :



Chineese Theatre :


Mais le week-end ne faisait que commencer : il a fallu prendre un petit déjeuner avec Michael J. Fox aux studios Universal avant qu’il ne reparte pour le futur, nous avons fait un peu de shopping sur Rodeo Drive avec Julia Robert pour qu’elle évite à nouveau de se faire « jeter » des magasins de luxe, nous sommes allés déjeuner chez Will Smith à Bel Air. Il a aussi malheureusement fallu que nous nous arrêtions prendre le café chez Brandon et Brenda à Beverley Hills. Puis Pamela nous attendait entre Venice Beach et Malibu…

Décors de Film aux Studios Universal :




Sunset Boulevard :


Santa Monica :



Venice Beach :



Apres un week-end projeté au cœur de tous ces films et de ces séries, j'entamais la derniere ligne droite avant le grand depart de la Valley. Le retour est certes proche maintenant, mais l'aventure n'est pas encore finie...




mardi 22 avril 2008

Une semaine entre hiver et été - séjour à Boise - Idaho

Vendredi 4 Avril 2008, 17h30 – Menlo Park - Un rayon de soleil qui traversait le Velux du Salon s’était amusé avec l’écran de mon ordinateur m’arrachant quelques instants à mon travail.
Je réalisais soudainement que mon avion ne m’attendrait pas et qu’il ne me restait plus que 2h avant qu’il ne décolle !
Le cœur Battant, le sang aux joues, les mains tremblantes, je refermais mon portable et je glissais ce bureau portatif dans son étui avant de le jeter sur mon épaule et de sauter dans la voiture.

Mais le trafic avait décidé d’être contre moi… à peine à 10 minutes et à 6km de mon point de départ, je me retrouvais coincé au milieu de ces centaines de camions auxquels les américains osent donner le nom de « voiture » !
Mètre après mètre, feu après feu, j’avais réussi à atteindre le pont qui traversait la Baie et qui m’approchait toujours un peu plus de l’aéroport d’Oakland… Plus que 40 minutes et l’avion partirait sans moi.


Dépassant un peu les limites de vitesse trop généreusement fixées à 100km/h sur les autoroutes californiennes, je voyais enfin à l’horizon se détacher les gratte-ciels de la ville et finissait par atteindre l'aéroport!

Après m’être quasiment déshabillé (contrôles de sécurité obligent) je m'asseyais dans l'avion où je me vengeais sur l’un de ces Bretzels bien beurré trempé dans du sucre et de la cannelle… la référence en matière de légèreté bien entendu !
Bien enfoncé dans mon fauteuil, le bolide a fini par décoller : je voyais de nouveau la vallée se rétrécir et ne devenir qu’un model réduit, paraissant encore plus irréelle et superficielle qu’elle ne l’était grandeur nature.

C’était le début d’une semaine extraordinaire… celle où deux français, perdus au confins du nouveau continent, se retrouvaient enfin pour faire le point sur une culture qui était si différente de la leur.
Bienvenu dans l’Idaho, là où le tristement célèbre McDonald vient s'approvisionner en pomme de terre, là où les villes poussent entre montagnes et plaines désertiques, là où l’hiver s’invite jusqu’au milieu du mois d’Avril, là où Camille, que je retrouve, a élu domicile pour 3 mois.

Voici le lien du blog de Camille, où vous pourrez suivre sa version de nos aventures :)
http://whereiscamille.blogspot.com/



La ruée vers l'Or - week-ends entre Bogus, McCall et les Hauteurs de Boise



Ce matin là, le ciel bas accroché aux montagnes avait déversé quelques flocons sur la ville endormie. Avant même que le premier mineur ouvre les yeux, nous enfilions déjà nos combinaisons et affrontions le froid avec cet esprit de pionnier que bien d'autres avant nous avaient expérimenté : cette semaine, l'Or serait à nous !
Nous avons dévalé les pentes glacées, suivi les rivières, défié la neige qui tombait en tempête, parlé au soleil qui s'admirait dans la blancheur des plaines... mais RIEN ! Pas une pépite, pas un grain de sable ou même une poussière.

Cependant nous réalisions bientôt que le trésor que nous avions trouvé était bien plus précieux que ce métal que l'on dit rare et cher : un trésor que personne ne peut nous voler, car c'est dans notre tête qu'il est enfermé. Voici donc, ouvertes pour vous, les portes de notre coffre fort...

Station de Ski de Bogus


Camille et moi en tenue de minier : ce qui se fait de plus tendance à Boise !

Payette River
Chemin de fer le long de Payette River : foulard sur le nez et oreilles sur les rails, nous attentdions le train...
Payette River arrivant dans la plaine

L'Ouest Americain - Vue de Table Rock (Boise)



Camille et moi au sommet de Table Rock
Pendant nos week-ends, entre nos coups de pics et de pioches, nous avons tout de même pensé à nous restaurer... voilà donc un petit échantillon de nos repas très légers :

Petit Pancake et sa rondelle de pain (pour digérer)
Petit Cinnamon Roll (l'équivalent d'un pain aux raisins, sans les raisins, baignant dans du beurre foudu et saupoudré de cannelle)

Merci encore à Camille, Chuck, Debbie, Sally, Pixie, Allan, Andy, Lindsay, Makho, Peter, Rylee, Matt pour tous ces moments innoubliables.

Comme quoi travailler à distance à au moins cet avantage : le bureau est à la fois nul part et partout...

jeudi 3 avril 2008

Descends de ton tapis !

Dans son manteau long et noir, l’Hiver avait déversé sans répit une pluie épaisse sur les versants des collines de la Baie de San Francisco.


Les rues inondées, les trottoirs vides, les maisons grises pleuraient les beaux jours… tout semblait s’être arrêté, même le temps, qui y prenait un malin plaisir. Puis Mars est arrivé. Avec les premiers rayons du soleil printanier, se sont ouverts les fleurs et les arbres ont reverdi dans la vallée. Comme soudain réveillé par les couleurs vives et les premiers piaillements des oiseaux, je réalisais qu’incontournablement les jours passaient.

Déjà 3 mois depuis Noël… 3 mois pendant lesquels les choses avaient changé sans même que je ne m'en aperçoive vraiment. Il y avait eu mon installation en colocation, ces week-ends inoubiables avec ma famille californienne que je ne connaissais pas, il y a quelques mois encore. Il y avait aussi eu l'achat de cette voiture, dont je m'étais toujours juré qu'elle serait la première....



Mais la réalité, qui s'amuse toujours à ternir un peu nos rêves, existe même dans un endroit où l’on vit en permanence au cœur d’un décor de film. Et oui, même au pays de Disney les tapis volants se font rares ! Mais je ne cesserai de croire, et je resterai accroché à mon tapis même s'il ne doit en rester qu'un fil.

A la conquête de l'Ouest en Famille - Week-ends en Californie du Nord

Ils avaient traversé un océan et même un continent : engagés dans ces longues caravanes, tirées par des chevaux, sillonnant les grandes plaines et escaladant les Rocheuses. Ils avaient même survécu au blizzard, aux attaques des ours et aux assauts indiens.

Les tempêtes de sable et les rayons brûlants du soleil n'avaient pas eu raison de leur volonté et c'est dans ce fort tout en bois, au bord du Pacifique, construit à l'époque où la Californie du Nord était encore Russe, que je les ai retrouvés... mes cousins américains (bon j'avoue, c'est un tout petit peu romancé).

Fort Ross (Muriel, Oriana and John)



L'hiver peut être froid dans cette région du Nord : il faut savoir s'y préparer ! C'est ainsi que, munis ne harpons et de lances acérées, nous partîmes à la rencontre de la vie sauvage. Arrivant sur une plage où la mer déchaînée écrasait ses sombres vagues sur le sable noir, nous nous retrouvâmes face à face avec un banc de lions de mer... voilà de quoi tenir de longues périodes de froid.



Mais nos coeurs affaiblis par ces masses duveteuses, nous ont fait renoncer au confort de leur fourrure. Nous préférions plutôt en adopter un! Cependant, Chaque chose en son temps... Ca sera pour mon retour en France.
Oriana et moi


Puis, il y a eu ces parties de poker et ces verres de whisky, ces coups de révolvers et ces sifflements du vent qui soulèvent le sable et font rouler des amas de paille dans les rues désertes de Daisy Town.
Lucky Luke n'était pas loin...






Merci encore à Muriel, John, Oriana, Nona pour ces 2 week-ends géniaux !

L'Auberge Américaine

Il y a dans cette maison un peu de folie, beaucoup d'ouverture d'esprit, et même de la raison.
Des week-ends mouvementés, des soirées télés, des "family dinners" réguliers... bienvenue au 662 Loma Verde !

Tracy, Pedro, (moi), Pamela et Ersnest (copain de Pamela)


L'un de nos "Family Dinner" : repas Costaricain !